On a longtemps cru qu'on était seul à marcher dans la nuit, à s'arrêter sous les arbres, à attendre la bonne lumière. Et puis on lève les yeux, et dans la voiture d'à côté, quelqu'un tient un téléphone allumé à bout de bras — exactement comme nous. Il filme. Il photographie. Il regarde lui aussi. La cité n'a jamais été un objet à observer en solitaire : elle a toujours été pleine de gens qui faisaient la même chose, sans qu'on les voie. C'est la dernière révélation de la série, et la plus simple : celui qui voit dans la nuit est toujours en train d'être vu. Et la lampe de l'autre, à travers deux vitres, est une réponse — pas une menace, pas une concurrence — juste une présence qui dit, à sa manière : moi aussi, je suis iL@dra.
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LSB / Archive 012
Celui qui photographie n'est jamais seul.
